17 février 2009
La vie trépidante d'Ida B. - 21
Enfin le téléphone afficha le nom de Delphine ! Ida n’y croyait plus.
- Delphine, enfin !
- Mais qu’est-ce qu’il y a ?
- C’est une longue histoire. Ou plutôt non, une histoire courte ! Bref, je me suis fait jeter par Tom !
- Quoi ?
- Je t’expliquerai plus tard, mais là, je suis comme qui dirait à la rue ! Dans tous les sens du terme. Est-ce que je peux dormir chez toi ce soir ?
- Mais oui bien sûr ! T’es où ?
- Au Saint Jean, en bas de chez toi, et toi ?
- Ben, je sors du Baxo, là…
- Et tu rentres ?
- Ben, je ne sais pas trop…
- Est-ce qu’on peut se retrouver pour que tu me donnes ta clé ? Ca fait plus de deux heures et demie que je suis là, et j’en ai ma claque. Je voudrais me coucher et disparaître à jamais…
- C’est un cas de force majeure alors ! T’en fais pas, je rentre, je te retrouve là où tu es, ne bouge pas. J’arrive.
- Oh c’est trop bien, merci ! A tout de suite !
Les vingt-cinq minutes qui suivirent parurent plus longues à Ida que les deux heures précédentes.
- Ah te voilà enfin ! Tu ne peux pas savoir comme je suis contente de te voir !
- Ben lors, qu’est-ce qui s’est passé ?
- Un plan comme dans un mauvais film : sa femme a débarqué à l’aéroport. Il a eu le temps d’aller à l’hôtel, mettre mes affaires dans la valise, me les apporter au théâtre, et me dire bye bye chérie, t’es gentille mais il faut que tu dégages et il m’a mise dans un taxi pour ici.
- Wow, c’est un peu dur…
- Ouais… quelle merde… Allez, viens, on s’en va.
Addition salée, elle n’en avait que faire.
- Ma pôvre grande sœur, disait Delphine en rigolant, en montant la rue tout en tirant la valise d’Ida, il t’en arrive des aventures !
- C’est ça, rigole… J’ai pas envie de rigoler, moi. En plus, j’ai cru que la soirée dans ce bar n’en finirait jamais. Et ton téléphone sur messagerie par-dessus le marché. Je m’en souviendrai, de mon week-end romantique à Paris !
Il y avait encore une vague odeur de gâteau dans l’appartement, mais Ida en avait une toute autre perception que dans l’après midi.
- Tu veux manger ? Boire quelque chose de chaud ? Il reste du gâteau.
- Hmmm… Tu prends quoi, toi ?
- J’ai mangé, j’ai pas faim… Je prendrais bien un chocolat chaud.
- Moi aussi alors…
- Tu dors avec moi, ça ne te dérange pas ?
- Non non, pas du tout. Au contraire, tu me consoleras !
- Tu sais pas, on va pouvoir se faire un film… Boire le chocolat au lit et se faire un bon film entre sœurs, sincèrement, je pense qu’il n’y a pas mieux pour un samedi soir, beaucoup t’envieraient !
- Oui oui… c’est ça…
Delphine faisait chauffer le lait dans la cuisine tandis qu’Ida emportait sa valise dans la chambre avant de prendre une bonne douche.
- Oh non !!!
- Quoi, qu’est-ce qu’il y a ?
- Mais regarde, il a tout mis n’importe comment dans la
valise !!!
15 février 2009
La vie trépidante d'Ida B. - 20
Elle resta un moment les bras ballants. Les options se
bousculaient dans sa tête : prendre directement une chambre dans un hôtel
à côté, attendre Delphine sur le trottoir, aller à sa recherche à Colonel
Fabien… Elle prit finalement sa valise et descendit la rue. Elle entra sans
hésiter au Saint Jean. Le bar était bondé, comme d’habitude. Elle se faufila
comme elle put entre les tables et trouva une place au fond de la salle, près
de la vitre. Elle essaya de mettre sa valise sous la table, mais n’y arriva pas
trop.
- Je vous sers ?
Elle n’avait pas eu trop le temps d’y penser. Elle avait
besoin de quelque chose de fort.
- Un whisky, s’y vous plait.
- Glenfiddich, Jack Daniel’s, J&B, Four Roses ?
- Euh… Glenfiddich.
Soyons fous, se dit-elle… Elle mit son téléphone sur la
table. Il lui tardait que Delphine l’appelle. Elle détestait être seule dans
des bars, alors là, un samedi soir, avec sa valise… Elle essaya de ne pas
songer à l’image qu’elle pouvait donner. Quand le serveur apporta le whisky,
elle demanda un chocolat chaud et un verre d’eau. Voilà. C’était bien comme ça.
Elle allait pouvoir commencer sa soirée d’attente. Elle s’imaginait déjà être
là encore quatre heures plus tard.
Elle regardait les autres personnes dans la salle. Des
groupes, des couples… Elle repensa à Tom. Elle savait qu’il était sincère et
que ce n’était pas ce qu’il voulait, ce qu’il avait souhaité pour eux, mais
elle ne supportait pas sa lâcheté. Déjà, au temps de leur histoire virtuelle,
elle avait décidé de ne plus rien savoir de sa relation avec sa femme, elle ne
comprenait pas qu’il reste avec elle, elle ne voulait pas en entendre parler.
Et maintenant…. Maintenant, elle ne voulait plus entendre parler de Tom du
tout.
Pour reposer l'esprit
11 février 2009
Pause de courte durée
Emportée par divers flots, me revoici, les pieds mouillés :
la mer est dans tous ses états et saute par dessus les bottes en caoutchouc !
J'ai pris quelques jours de congés
mais ils se transforment en quelques jours de convalescence.
Je me repose, je savoure les souvenirs d'un week-end qui alla de soi.
Je respire à pleins poumons face à l'océan : "C'est bon, alors je prends !"









